Fight !

 

 

Il est question, dans Hot Space, de se faire rencontrer des personnages. Si certaines de ces rencontres sont pacifiques, beaucoup d’entre elles sont, au contraire, plutôt remplies de violence et de conflits.  Dans le second chapitre, on apprend ainsi que l’héroïne est du genre colérique. Au delà du témoignage d’un caractère « entier », il s’agit surtout d’illustrer la capacité qu’a le personnage à se battre, et si possible bien se battre.

 

 

 

 L’autre idée c’est de sortir de certains schémas propres aux récits  de super héros, personnages connus pour résoudre 90% des problèmes, en faisant rencontrer à grande vitesse leurs phalanges, coudes, genoux, ou pieds, avec la tête desdits problèmes. En gros, la solution est souvent dans le cassage de gueule. Certes, ce code narratif est jubilatoire, mais à force d’en avoir lu, ou vu, j’ai surtout remarqué qu’on empruntait trop d’éléments propres au cinéma, et moins à la « dramaturgie », en quelque sorte. D’une manière générale, les combats au corps à corps se distinguent beaucoup à travers leur aspect spectaculaire : nous avons très (trop ?) souvent droit à une véritable célébration du coup de tatane artistique à travers tronche. Ça en devient systématique au point que l’effet cathartique en devient faussé.

 

 

 

 Certes, à l’œil, c’est sympa, mais en matière de message, on a du mal à comprendre l’efficacité de tel ou tel combat, jusqu’au moment où l’un des deux combattants d’un duel reste au sol. La question que je me suis posée réside dans la transmission  graphique de la douleur. Comment transmettre l’idée de l’efficacité, ou l’âpreté, d’un combat, à travers les cases d’une planche ?

 

 

 

 Pour cette séquence, il a fallu donc découper très en amont toutes les étapes du combat qui oppose notre héroïne à trois adversaires. Ce n’est, en soit, qu’une mise en scène, mais dans cette mise en scène, il fallait savoir exactement ce qu’allait faire le personnage d’une manière logique, au regard de sa position de départ, et surtout, au regard de ses connaissances martiales. Ainsi, plusieurs prises présentes dans la planche  on été « travaillées » en amont pendant des séances d’arts martiaux, sur un tatami... évidemment, les mouvements, prises, clefs articulaires, et projections, ont été répétées sans chercher à « casser » les pratiquants. Hors de question d’envoyer des gens, avec qui on travaille, à l’hôpital !  Mais cette étape a été très importante pour vérifier la logique de l’action, et par la suite, chercher les cadrages qui permettaient de transmettre au lecteur l’âpreté de ce combat.

 

 

 

 Il va sans dire que cette méthode sera renouvelée selon les besoins.  

 

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